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Le Blog anti-sarko Contre la censure et le mensonge.
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Il y a soixante ans, les Résistants appliquaient leur plan B contre le Parti de la presse et de l'argent (PPA).
Août
1944 : alors que les Alliés, les Résistants et les insurgés parisiens
libèrent la capitale, les patrons et les journalistes de la presse
collaboratrice détalent sur les pas des soldats allemands. Les équipes
des journaux clandestins occupent immédiatement les salles de rédaction
vides ; Combat, Défense de la France, Franc-Tireur, Le Populaire, Libération-Nord, Libération, Front national, Le Parisien libéré ou encore L'Humanité
utilisent désormais les imprimeries des feuilles qui ciraient jusque-là
les bottes nazies. À commencer par la grande presse dite « d'
information » de l'entre-deux-guerres (Le Matin, Le Petit Parisien), qui n'a rien à envier aux titres classés à droite depuis leur création (Je suis partout, L'Intransigeant), ou encore aux nouveaux journaux créés pendant l'Occupation (le nouveau Paris-Soir, Les Nouveaux Temps). Albert Camus, dans Combat, dont le sous-titre réclame le passage « De la Résistance à la révolution », résume alors la situation : « Il est des pardons impossibles et de nécessaires révolutions » (21.10.1944).
Épurer la presse ne suffit pas : il faut « en finir avec l'esprit de médiocrité et les puissances d'argent », comme l'affirme le premier éditorial de Combat
(1). Alors que la France sort exsangue de la guerre, l'accroissement
des contraintes économiques rend nécessaire pour la presse de
s'affranchir des mécanismes du marché ; d'où la résolution de la
Fédération nationale de la presse clandestine du 7 avril 1944, qui
exige « l'expropriation dès les premiers jours de toutes les
entreprises de presse et leur dévolution aux organisations de la
Résistance ». À ce moment, nul essayiste barbichu ne vient expliquer que « les choses sont plus complexes » ou décréter que la critique radicale des médias est « antidémocratique ».
De l'interdiction de la concentration à l'expropriation
Les solutions préconisées par les Résistants sont simples : puisque la
presse aux mains des hommes d'affaires a allégrement collaboré, il faut
soustraire les journaux à l'influence des « puissances d'argent »
en élaborant un statut spécifique de l'entreprise de presse. Après
avoir suspendu toutes les publications ayant obéi aux Allemands et à
Vichy, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)
impose aux journaux, dès le 26 août 1944, la publication du nom de
leurs actionnaires. De surcroît, il interdit à tout individu de
posséder plus d'un quotidien d'information générale et politique tirant
à plus de 10 000 exemplaires. Un directeur de publication n'a désormais
plus le droit d'exercer conjointement une fonction industrielle ou
commerciale « qui constitue la source principale de ses ressources et bénéfices (2) ».
Il ne s'agit donc pas de punir telle ou telle brebis galeuse ou tondue, mais de faire « table rase » pour créer « Une presse neuve pour une France libre »,
comme l'annonce l'éditorial du premier numéro du Parisien libéré. À
partir du 30 septembre 1944, les biens des journaux de l'Occupation
sont réquisitionnés ; l'autorisation de paraître est accordée par le
ministre de l'Information en concertation avec les représentants de la
presse.
Issus pour beaucoup de la France combattante, les nouveaux dirigeants des médias n'ambitionnent pas d'« aider Coca-Cola à vendre son produit ». Ils n'estiment pas, à l'instar du pauvre directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, Laurent Joffrin, qu'« on n'y peut pas grand-chose sur le plan des structures économiques. [...] Il est logique que le propriétaire fixe une orientation (3) ».
Le 9 octobre 1945, la Fédération nationale de la presse française,
organisation patronale, adopte au contraire une « charte de la presse »
destinée à empêcher le retour « des trusts et des puissances d'argent » qui dominaient jusqu'alors la « presse pourrie ». Ce texte définit la presse comme un « service public ». Il s'accompagne d'un « Projet de déclaration des droits et devoirs de la presse libre » dont les premiers articles proclament : « La
presse n'est pas un instrument de profit commercial, mais un instrument
de culture ; sa mission est de donner des informations exactes, de
défendre des idées, de servir la cause du progrès humain [art. 1er] [...] La
presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance
gouvernementale, ni des puissances d'argent, mais de la seule
conscience des journalistes et des lecteurs [art. 3] (4). »
Pas de nouveau statut, pas de « révolution »...
Si un large consensus existe autour de la nécessité de soustraire la
presse à l'influence de l'argent, encore faut-il élaborer une loi
empêchant la reconstitution du Parti de la presse et de l'argent (PPA).
Les anciens propriétaires des publications interdites par les
ordonnances de 1944 ont beau crier à la « spoliation »,
rien n'y fait : le 11 mars 1946, une loi exproprie la quasi-totalité
des journaux parus sous l'Occupation, sans aucune compensation pour les
dirigeants coupables de collaboration. Les biens de ces entreprises
sont transférés à la Société nationale des entreprises de presse
(Snep), administrée par des représentants de l'État et de la profession
et chargée de les attribuer à des journaux autorisés. Le 13 mars, le
secrétaire d'État à la présidence du Conseil chargé de l'information
parle de « révolution » devant l'Assemblée nationale constituante.
Toutes les conditions semblent alors réunies pour que l'information
devienne autre chose qu'une marchandise banale. Lorsque l'autorisation
de paraître est supprimée, le 28 février 1947, une disposition protège
les fondateurs des journaux autorisés contre l'éviction forcée de leur
propre entreprise. Cela afin d'éviter que « la liberté [...] ne permette en fait aux financiers de s'emparer des journaux », comme l'explique le rapporteur de la loi.
Toutefois, l'attribution définitive des biens transférés à la Snep
(dépourvue de support financier) reste subordonnée au vote d'un nouveau
statut de l'entreprise de presse. Or les nombreux projets déposés
n'aboutissent pas. La mobilisation populaire s'étiole. Simultanément,
les dirigeants et les anciens propriétaires expropriés s'emploient à
favoriser un retour au système commercial ordinaire. Tandis que le
bruit sourd des patrons qui plastronnent sur la plaine redevient
audible, les ouvriers du Livre mènent une grève de près d'un mois. En
mars 1947, seules 115 entreprises sur 809 ayant fonctionné sous
l'Occupation ont fait l'objet d'un transfert.
Des expériences novatrices voient le jour : au Monde
d'Hubert Beuve-Méry, une partie du capital est attribuée à une société
spéciale créée par l'ensemble des rédacteurs. Des projets originaux
sont mis en chantier : en 1946, la Fédération de la presse propose
d'instituer la « société anonyme de presse à participation morale »,
dont la majorité des actions ne seraient pas productives d'intérêts.
Mais la « révolution » de la presse a échoué. Après de longs débats à
la commission de la presse de l'Assemblée Nationale, une nouvelle loi
est votée le 2 août 1954 : les transferts à la Snep sont arrêtés et les
entreprises peuvent acquérir les biens qu'elle gérait jusqu'ici. Il
n'est plus question d'un quelconque statut spécifique de l'entreprise
de presse. Le Plan B, déterminé à détruire le PPA, entend
remédier à ce problème en incitant ses lecteurs à reprendre le mot
d'ordre des Résistants : expropriation des entreprises de presse !
Notes : (1) Cité dans Laurent Martin, La Presse écrite en France au xxe siècle, Paris, Le Livre de poche, 2005.
(2) Cité dans Claude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral, Fernand Terrou, Histoire générale de la presse française, tome iv, « De 1940 à 1958 », PUF, 1975. Sauf mention contraire, les citations suivantes sont tirées de cet ouvrage.
(3) Laurent Joffrin, « Le premier pouvoir », France Culture, 2.10.04.
(4) Publié le 2 novembre 1945. Les auteurs de ce texte étaient Albert
Bayet et Claude Bellanger, deux représentants de la presse clandestine.
Le Plan B n°3 (juillet - septembre 2006) Il y a soixante ans, les Résistants appliquaient leur plan B contre le Parti de la presse et de l'argent (PPA).
Août
1944 : alors que les Alliés, les Résistants et les insurgés parisiens
libèrent la capitale, les patrons et les journalistes de la presse
collaboratrice détalent sur les pas des soldats allemands. Les équipes
des journaux clandestins occupent immédiatement les salles de rédaction
vides ; Combat, Défense de la France, Franc-Tireur, Le Populaire, Libération-Nord, Libération, Front national, Le Parisien libéré ou encore L'Humanité
utilisent désormais les imprimeries des feuilles qui ciraient jusque-là
les bottes nazies. À commencer par la grande presse dite « d'
information » de l'entre-deux-guerres (Le Matin, Le Petit Parisien), qui n'a rien à envier aux titres classés à droite depuis leur création (Je suis partout, L'Intransigeant), ou encore aux nouveaux journaux créés pendant l'Occupation (le nouveau Paris-Soir, Les Nouveaux Temps). Albert Camus, dans Combat, dont le sous-titre réclame le passage « De la Résistance à la révolution », résume alors la situation : « Il est des pardons impossibles et de nécessaires révolutions » (21.10.1944).
Épurer la presse ne suffit pas : il faut « en finir avec l'esprit de médiocrité et les puissances d'argent », comme l'affirme le premier éditorial de Combat
(1). Alors que la France sort exsangue de la guerre, l'accroissement
des contraintes économiques rend nécessaire pour la presse de
s'affranchir des mécanismes du marché ; d'où la résolution de la
Fédération nationale de la presse clandestine du 7 avril 1944, qui
exige « l'expropriation dès les premiers jours de toutes les
entreprises de presse et leur dévolution aux organisations de la
Résistance ». À ce moment, nul essayiste barbichu ne vient expliquer que « les choses sont plus complexes » ou décréter que la critique radicale des médias est « antidémocratique ».
De l'interdiction de la concentration à l'expropriation
Les solutions préconisées par les Résistants sont simples : puisque la
presse aux mains des hommes d'affaires a allégrement collaboré, il faut
soustraire les journaux à l'influence des « puissances d'argent »
en élaborant un statut spécifique de l'entreprise de presse. Après
avoir suspendu toutes les publications ayant obéi aux Allemands et à
Vichy, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)
impose aux journaux, dès le 26 août 1944, la publication du nom de
leurs actionnaires. De surcroît, il interdit à tout individu de
posséder plus d'un quotidien d'information générale et politique tirant
à plus de 10 000 exemplaires. Un directeur de publication n'a désormais
plus le droit d'exercer conjointement une fonction industrielle ou
commerciale « qui constitue la source principale de ses ressources et bénéfices (2) ».
Il ne s'agit donc pas de punir telle ou telle brebis galeuse ou tondue, mais de faire « table rase » pour créer « Une presse neuve pour une France libre »,
comme l'annonce l'éditorial du premier numéro du Parisien libéré. À
partir du 30 septembre 1944, les biens des journaux de l'Occupation
sont réquisitionnés ; l'autorisation de paraître est accordée par le
ministre de l'Information en concertation avec les représentants de la
presse.
Issus pour beaucoup de la France combattante, les nouveaux dirigeants des médias n'ambitionnent pas d'« aider Coca-Cola à vendre son produit ». Ils n'estiment pas, à l'instar du pauvre directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, Laurent Joffrin, qu'« on n'y peut pas grand-chose sur le plan des structures économiques. [...] Il est logique que le propriétaire fixe une orientation (3) ».
Le 9 octobre 1945, la Fédération nationale de la presse française,
organisation patronale, adopte au contraire une « charte de la presse »
destinée à empêcher le retour « des trusts et des puissances d'argent » qui dominaient jusqu'alors la « presse pourrie ». Ce texte définit la presse comme un « service public ». Il s'accompagne d'un « Projet de déclaration des droits et devoirs de la presse libre » dont les premiers articles proclament : « La
presse n'est pas un instrument de profit commercial, mais un instrument
de culture ; sa mission est de donner des informations exactes, de
défendre des idées, de servir la cause du progrès humain [art. 1er] [...] La
presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance
gouvernementale, ni des puissances d'argent, mais de la seule
conscience des journalistes et des lecteurs [art. 3] (4). »
Pas de nouveau statut, pas de « révolution »...
Si un large consensus existe autour de la nécessité de soustraire la
presse à l'influence de l'argent, encore faut-il élaborer une loi
empêchant la reconstitution du Parti de la presse et de l'argent (PPA).
Les anciens propriétaires des publications interdites par les
ordonnances de 1944 ont beau crier à la « spoliation »,
rien n'y fait : le 11 mars 1946, une loi exproprie la quasi-totalité
des journaux parus sous l'Occupation, sans aucune compensation pour les
dirigeants coupables de collaboration. Les biens de ces entreprises
sont transférés à la Société nationale des entreprises de presse
(Snep), administrée par des représentants de l'État et de la profession
et chargée de les attribuer à des journaux autorisés. Le 13 mars, le
secrétaire d'État à la présidence du Conseil chargé de l'information
parle de « révolution » devant l'Assemblée nationale constituante.
Toutes les conditions semblent alors réunies pour que l'information
devienne autre chose qu'une marchandise banale. Lorsque l'autorisation
de paraître est supprimée, le 28 février 1947, une disposition protège
les fondateurs des journaux autorisés contre l'éviction forcée de leur
propre entreprise. Cela afin d'éviter que « la liberté [...] ne permette en fait aux financiers de s'emparer des journaux », comme l'explique le rapporteur de la loi.
Toutefois, l'attribution définitive des biens transférés à la Snep
(dépourvue de support financier) reste subordonnée au vote d'un nouveau
statut de l'entreprise de presse. Or les nombreux projets déposés
n'aboutissent pas. La mobilisation populaire s'étiole. Simultanément,
les dirigeants et les anciens propriétaires expropriés s'emploient à
favoriser un retour au système commercial ordinaire. Tandis que le
bruit sourd des patrons qui plastronnent sur la plaine redevient
audible, les ouvriers du Livre mènent une grève de près d'un mois. En
mars 1947, seules 115 entreprises sur 809 ayant fonctionné sous
l'Occupation ont fait l'objet d'un transfert.
Des expériences novatrices voient le jour : au Monde
d'Hubert Beuve-Méry, une partie du capital est attribuée à une société
spéciale créée par l'ensemble des rédacteurs. Des projets originaux
sont mis en chantier : en 1946, la Fédération de la presse propose
d'instituer la « société anonyme de presse à participation morale »,
dont la majorité des actions ne seraient pas productives d'intérêts.
Mais la « révolution » de la presse a échoué. Après de longs débats à
la commission de la presse de l'Assemblée Nationale, une nouvelle loi
est votée le 2 août 1954 : les transferts à la Snep sont arrêtés et les
entreprises peuvent acquérir les biens qu'elle gérait jusqu'ici. Il
n'est plus question d'un quelconque statut spécifique de l'entreprise
de presse. Le Plan B, déterminé à détruire le PPA, entend
remédier à ce problème en incitant ses lecteurs à reprendre le mot
d'ordre des Résistants : expropriation des entreprises de presse !
Notes : (1) Cité dans Laurent Martin, La Presse écrite en France au xxe siècle, Paris, Le Livre de poche, 2005.
(2) Cité dans Claude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral, Fernand Terrou, Histoire générale de la presse française, tome iv, « De 1940 à 1958 », PUF, 1975. Sauf mention contraire, les citations suivantes sont tirées de cet ouvrage.
(3) Laurent Joffrin, « Le premier pouvoir », France Culture, 2.10.04.
(4) Publié le 2 novembre 1945. Les auteurs de ce texte étaient Albert
Bayet et Claude Bellanger, deux représentants de la presse clandestine.
Le Plan B n°3 (juillet - septembre 2006)
 Rupert Murdoch, le multi multi multi milliardaire magnat de la presse et de la communication, aussi propriétaire du site communautaire Myspace, vient de racheter le groupe Dow Jones, propriétaire du WallStreet journal. Alors que le groupe de Rupert Murdoch est (plus que) soupçonné d'avoir censuré à plusieurs reprises des blogs myspace hostiles à notre fromage présidentiel, l'intervention de cet homme arrive à point nommé alors même que certains journalistes américains commencent à se rendre compte (de manière très relative certes) de l'étendue des dégâts sur l'indépendance de la presse. 200 journalistes du Wall Street Journal ont manifesté le 28 juin (comme quoi même aux Etats Unis on manifeste et on fait grève). Les journalistes mettaient en garde contre "une extension inacceptable de son poids médiatique déjà formidable" et ses prises de position "ultraconservatrice" dans de nombreux domaines. Propriétaire des studios de 20thCentury Fox et du site MySpace (qui lui offre une emprise considérable sur les données personnelles et privées de plus de 200 millions d'utilisateurs), il est surtout présent dans la presse écrite au Royaume-Uni ( Times, Sunday Times, Sun, News of the World, New York Post) et dans une kyrielle de quotidiens en Australie. Alors qu'en France nos journalistes commencent à se méfier des Lagardères et consorts, il est toujours bon de rapeller la charte du CNR (Conseil national de la résistance) publié en 1944 : Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du CNR, proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération :
[…] 4° Afin d'assurer : - l'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ; - la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression ; - la liberté de la presse , son honneur, et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ; - la liberté d'association, de réunion et de manifestation ; - l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ; - le respect de la personne humaine ; - l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.
 EXCLUSIF : Sarkozy victime de la maladie d'Alzheimer ?
Nicolas Sarkozy défend les mêmes orientations politiques que George W. Bush: réduction des libertés au nom de la sécurité, accroissement de la répression policière, exaltation du patriotisme, communautarisme et discrimination positive, ultra-libéralisme économique, et retour de la religion dans la politique. Et lorsque Nicolas Sarkozy aura abattu toutes ses cartes, il prônera comme Bush une politique étrangère basée sur la guerre. Comme Bush, Nicolas Sarkozy a une vision du monde totalement binaire, dans laquelle les choses ne peuvent être que noires ou blanches, bonnes ou mauvaises. Cette logique ne laisse aucune place au dialogue ou à la concertation, toute opposition étant définie comme représentant "le mal". Nicolas sarkozy utilise donc les mêmes méthodes qui ont fait le succès de Bush.
Comme Bush, Nicolas Sarkozy s'imagine que les imbéciles et les incultes sont majoritaires parmi les électeurs, et que celui qui peut réunir leurs suffrages est assuré d'être élu. Et pour obtenir l'adhésion de cette majorité, les idées simples sont plus efficaces que les arguments complexes, et les phrases pleines de non-sens brouillent les pistes dans un monde géré par l'opulence des médias.
Mais le simplisme de Bush et de Sarkozy est aussi la conséquence de leur esprit limité. Pour résoudre un "problème", l'un comme l'autre ont pour méthode d'adopter la solution qui apparaît comme la plus simple, la plus rapide, et à première vue la plus efficace, en ne prenant en compte aucune des conséquences de leur action en dehors du problème visé. Ainsi, l'objectif défini par Bush était de prendre le contrôle du pétrole irakien et de démontrer la puissance militaire américaine contre tous les pays qui oseraient s'opposer à eux. Les "solutions" les plus expéditives ont été choisies: invasion militaire de l'Irak, et pratique généralisée de la torture. Mais Bush a superbement ignoré les conséquences sur d'autres domaines tels que le respect du droit international et des droits de l'homme, ainsi que le coût humain, diplomatique et financier de la guerre en Irak. On retrouve les mêmes méthodes avec Nicolas Sarkozy. Pour lutter contre "l'insécurité", il a choisi la solution la plus simple: renforcer au maximum la répression, en instituant la "tolérance zéro", en équipant massivement les policiers de voitures rapides et de flash-balls, mais en ignorant les conséquences telles que la transformation de ces policiers en des "cow-boys" au comportement fasciste, l'augmentation des violences policières, et le sentiment de révolte des catégories visées par un harcèlement policier continuel. Ce sentiment d'être méprisé a conduit ces catégories à n'avoir plus aucun respect vis à vis des autres et de la société. Le résultat de la politique de Sarkozy a finalement été une augmentation sans précédent des violences aux personnes. Le harcèlement policier a également créé une situation explosive dans les banlieues, à laquelle Sarkozy à ajouté l'étincelle par ses propos irresponsables et haineux (le "karscher" et les "racailles"). Ces propos, conjugués à la mort de deux jeunes innocents qui tentaient d'échapper à des policiers équipés de flash-balls, ont déclenché une insurrection des banlieues pendant 5 semaines en 2005. Comme pour Bush en Irak, le mépris des conséquences "périphériques" a débouché sur un échec, y compris par rapport à l'objectif "simple" qui était visé. Ainsi, l'Irak est devenu un nouveau foyer de terrorisme et d'instabilité au Moyen-Orient, sa production pétrolière est deux fois inférieure à ce qu'elle était sous Saddam Hussein, et ce qui se voulait une démonstration de la puissance de l'Empire est devenue une démonstration d'impuissance. Et en France, Nicolas Sarkozy a augmenté l'insécurité qu'il prétendait réduire, avec une hausse de 20% des violences aux personnes entre 2002 et 2006. Cette hausse a atteint 70% dans certains départements. © syti.net, 2004-2006
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