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Le Blog anti-sarko Contre la censure et le mensonge.
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Après avoir dénoncé la censure qui frappe toute
critique du président Nicolas Sarkozy, les syndicats de journalistes se
sont indigné des diverses fonctions honorifiques et missions rémunérées
offertes par le président de la République à onze chroniqueurs
influents des grands médias.
• L’ancien courtisan de François Mitterrand, Jacques Attali, éditorialiste à l’hebdomadaire l’Express, a été nommé président de la commission pour la « libération de la croissance française »
• George-Marc Benhamou, confident officiel l’ancien président Mitterrand, éditorialiste au quotidien Nice Matin et chroniqueur au quotidien La Provence, a été nommé « conseiller pour la culture et l’audiovisuel » du président de la République.
• Jean-Louis Bourlanges, chroniqueur sur la radio France Culture, a rejoint le « Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Guy Carcassone, chroniqueur à l’hebdomadaire Point, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Jean-Claude Casanova, fondateur de la revue Commentaire, éditorialiste associé au quotidien Le Monde, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Jean Marie Colombani, ancien directeur du quotidien Le Monde, chroniqueur politique sur France Inter le vendredi matin, et animateur de l’émission « Face à face » sur la chaîne de télévision Public Sénat a accepté une mission officielle de trois mois sur la réforme des conditions d’adoption.
• Olivier Duhamel, chroniqueur sur France Culture, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Yves de Kerdel, éditorialiste au quotidien Le Figaro et chroniquer à la radio économique BFM, a rejoint la commission pour la « libération de la croissance française »
• Éric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde, a rejoint la a commission pour la « libération de la croissance française »
• Myriam Lévy, qui suivi la campagne de Ségolène Royal pour Le Figaro, a été nommée conseiller en communication du Premier ministre.
• Catherine Pégard, rédactrice en chef du service politique de l’hebdomadaire Le Point, a été nommée conseiller politique du président de la République.
Par ailleurs,
• Marie Drucker, présentatrice du journal télévisé de France 3, est l’épouse d’un député et ancien ministre.
• Christine Ockrent, animatrice de l’émission « Duel sur la 3 » sur France 3, est l’épouse du ministre des Affaires étrangères
• Béatrice Schoenberg, présentatrice du journal télévisé de France 2 est l’épouse du ministre de l’Environnement.
À l’inverse
• Laurent Solly, ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy au
ministère de l’Intérieur, a rejoint la direction de la principale
chaîne de télévision TF1.
Il y a soixante ans, les Résistants appliquaient leur plan B contre le Parti de la presse et de l'argent (PPA).
Août
1944 : alors que les Alliés, les Résistants et les insurgés parisiens
libèrent la capitale, les patrons et les journalistes de la presse
collaboratrice détalent sur les pas des soldats allemands. Les équipes
des journaux clandestins occupent immédiatement les salles de rédaction
vides ; Combat, Défense de la France, Franc-Tireur, Le Populaire, Libération-Nord, Libération, Front national, Le Parisien libéré ou encore L'Humanité
utilisent désormais les imprimeries des feuilles qui ciraient jusque-là
les bottes nazies. À commencer par la grande presse dite « d'
information » de l'entre-deux-guerres (Le Matin, Le Petit Parisien), qui n'a rien à envier aux titres classés à droite depuis leur création (Je suis partout, L'Intransigeant), ou encore aux nouveaux journaux créés pendant l'Occupation (le nouveau Paris-Soir, Les Nouveaux Temps). Albert Camus, dans Combat, dont le sous-titre réclame le passage « De la Résistance à la révolution », résume alors la situation : « Il est des pardons impossibles et de nécessaires révolutions » (21.10.1944).
Épurer la presse ne suffit pas : il faut « en finir avec l'esprit de médiocrité et les puissances d'argent », comme l'affirme le premier éditorial de Combat
(1). Alors que la France sort exsangue de la guerre, l'accroissement
des contraintes économiques rend nécessaire pour la presse de
s'affranchir des mécanismes du marché ; d'où la résolution de la
Fédération nationale de la presse clandestine du 7 avril 1944, qui
exige « l'expropriation dès les premiers jours de toutes les
entreprises de presse et leur dévolution aux organisations de la
Résistance ». À ce moment, nul essayiste barbichu ne vient expliquer que « les choses sont plus complexes » ou décréter que la critique radicale des médias est « antidémocratique ».
De l'interdiction de la concentration à l'expropriation
Les solutions préconisées par les Résistants sont simples : puisque la
presse aux mains des hommes d'affaires a allégrement collaboré, il faut
soustraire les journaux à l'influence des « puissances d'argent »
en élaborant un statut spécifique de l'entreprise de presse. Après
avoir suspendu toutes les publications ayant obéi aux Allemands et à
Vichy, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)
impose aux journaux, dès le 26 août 1944, la publication du nom de
leurs actionnaires. De surcroît, il interdit à tout individu de
posséder plus d'un quotidien d'information générale et politique tirant
à plus de 10 000 exemplaires. Un directeur de publication n'a désormais
plus le droit d'exercer conjointement une fonction industrielle ou
commerciale « qui constitue la source principale de ses ressources et bénéfices (2) ».
Il ne s'agit donc pas de punir telle ou telle brebis galeuse ou tondue, mais de faire « table rase » pour créer « Une presse neuve pour une France libre »,
comme l'annonce l'éditorial du premier numéro du Parisien libéré. À
partir du 30 septembre 1944, les biens des journaux de l'Occupation
sont réquisitionnés ; l'autorisation de paraître est accordée par le
ministre de l'Information en concertation avec les représentants de la
presse.
Issus pour beaucoup de la France combattante, les nouveaux dirigeants des médias n'ambitionnent pas d'« aider Coca-Cola à vendre son produit ». Ils n'estiment pas, à l'instar du pauvre directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, Laurent Joffrin, qu'« on n'y peut pas grand-chose sur le plan des structures économiques. [...] Il est logique que le propriétaire fixe une orientation (3) ».
Le 9 octobre 1945, la Fédération nationale de la presse française,
organisation patronale, adopte au contraire une « charte de la presse »
destinée à empêcher le retour « des trusts et des puissances d'argent » qui dominaient jusqu'alors la « presse pourrie ». Ce texte définit la presse comme un « service public ». Il s'accompagne d'un « Projet de déclaration des droits et devoirs de la presse libre » dont les premiers articles proclament : « La
presse n'est pas un instrument de profit commercial, mais un instrument
de culture ; sa mission est de donner des informations exactes, de
défendre des idées, de servir la cause du progrès humain [art. 1er] [...] La
presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance
gouvernementale, ni des puissances d'argent, mais de la seule
conscience des journalistes et des lecteurs [art. 3] (4). »
Pas de nouveau statut, pas de « révolution »...
Si un large consensus existe autour de la nécessité de soustraire la
presse à l'influence de l'argent, encore faut-il élaborer une loi
empêchant la reconstitution du Parti de la presse et de l'argent (PPA).
Les anciens propriétaires des publications interdites par les
ordonnances de 1944 ont beau crier à la « spoliation »,
rien n'y fait : le 11 mars 1946, une loi exproprie la quasi-totalité
des journaux parus sous l'Occupation, sans aucune compensation pour les
dirigeants coupables de collaboration. Les biens de ces entreprises
sont transférés à la Société nationale des entreprises de presse
(Snep), administrée par des représentants de l'État et de la profession
et chargée de les attribuer à des journaux autorisés. Le 13 mars, le
secrétaire d'État à la présidence du Conseil chargé de l'information
parle de « révolution » devant l'Assemblée nationale constituante.
Toutes les conditions semblent alors réunies pour que l'information
devienne autre chose qu'une marchandise banale. Lorsque l'autorisation
de paraître est supprimée, le 28 février 1947, une disposition protège
les fondateurs des journaux autorisés contre l'éviction forcée de leur
propre entreprise. Cela afin d'éviter que « la liberté [...] ne permette en fait aux financiers de s'emparer des journaux », comme l'explique le rapporteur de la loi.
Toutefois, l'attribution définitive des biens transférés à la Snep
(dépourvue de support financier) reste subordonnée au vote d'un nouveau
statut de l'entreprise de presse. Or les nombreux projets déposés
n'aboutissent pas. La mobilisation populaire s'étiole. Simultanément,
les dirigeants et les anciens propriétaires expropriés s'emploient à
favoriser un retour au système commercial ordinaire. Tandis que le
bruit sourd des patrons qui plastronnent sur la plaine redevient
audible, les ouvriers du Livre mènent une grève de près d'un mois. En
mars 1947, seules 115 entreprises sur 809 ayant fonctionné sous
l'Occupation ont fait l'objet d'un transfert.
Des expériences novatrices voient le jour : au Monde
d'Hubert Beuve-Méry, une partie du capital est attribuée à une société
spéciale créée par l'ensemble des rédacteurs. Des projets originaux
sont mis en chantier : en 1946, la Fédération de la presse propose
d'instituer la « société anonyme de presse à participation morale »,
dont la majorité des actions ne seraient pas productives d'intérêts.
Mais la « révolution » de la presse a échoué. Après de longs débats à
la commission de la presse de l'Assemblée Nationale, une nouvelle loi
est votée le 2 août 1954 : les transferts à la Snep sont arrêtés et les
entreprises peuvent acquérir les biens qu'elle gérait jusqu'ici. Il
n'est plus question d'un quelconque statut spécifique de l'entreprise
de presse. Le Plan B, déterminé à détruire le PPA, entend
remédier à ce problème en incitant ses lecteurs à reprendre le mot
d'ordre des Résistants : expropriation des entreprises de presse !
Notes : (1) Cité dans Laurent Martin, La Presse écrite en France au xxe siècle, Paris, Le Livre de poche, 2005.
(2) Cité dans Claude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral, Fernand Terrou, Histoire générale de la presse française, tome iv, « De 1940 à 1958 », PUF, 1975. Sauf mention contraire, les citations suivantes sont tirées de cet ouvrage.
(3) Laurent Joffrin, « Le premier pouvoir », France Culture, 2.10.04.
(4) Publié le 2 novembre 1945. Les auteurs de ce texte étaient Albert
Bayet et Claude Bellanger, deux représentants de la presse clandestine.
Le Plan B n°3 (juillet - septembre 2006) Il y a soixante ans, les Résistants appliquaient leur plan B contre le Parti de la presse et de l'argent (PPA).
Août
1944 : alors que les Alliés, les Résistants et les insurgés parisiens
libèrent la capitale, les patrons et les journalistes de la presse
collaboratrice détalent sur les pas des soldats allemands. Les équipes
des journaux clandestins occupent immédiatement les salles de rédaction
vides ; Combat, Défense de la France, Franc-Tireur, Le Populaire, Libération-Nord, Libération, Front national, Le Parisien libéré ou encore L'Humanité
utilisent désormais les imprimeries des feuilles qui ciraient jusque-là
les bottes nazies. À commencer par la grande presse dite « d'
information » de l'entre-deux-guerres (Le Matin, Le Petit Parisien), qui n'a rien à envier aux titres classés à droite depuis leur création (Je suis partout, L'Intransigeant), ou encore aux nouveaux journaux créés pendant l'Occupation (le nouveau Paris-Soir, Les Nouveaux Temps). Albert Camus, dans Combat, dont le sous-titre réclame le passage « De la Résistance à la révolution », résume alors la situation : « Il est des pardons impossibles et de nécessaires révolutions » (21.10.1944).
Épurer la presse ne suffit pas : il faut « en finir avec l'esprit de médiocrité et les puissances d'argent », comme l'affirme le premier éditorial de Combat
(1). Alors que la France sort exsangue de la guerre, l'accroissement
des contraintes économiques rend nécessaire pour la presse de
s'affranchir des mécanismes du marché ; d'où la résolution de la
Fédération nationale de la presse clandestine du 7 avril 1944, qui
exige « l'expropriation dès les premiers jours de toutes les
entreprises de presse et leur dévolution aux organisations de la
Résistance ». À ce moment, nul essayiste barbichu ne vient expliquer que « les choses sont plus complexes » ou décréter que la critique radicale des médias est « antidémocratique ».
De l'interdiction de la concentration à l'expropriation
Les solutions préconisées par les Résistants sont simples : puisque la
presse aux mains des hommes d'affaires a allégrement collaboré, il faut
soustraire les journaux à l'influence des « puissances d'argent »
en élaborant un statut spécifique de l'entreprise de presse. Après
avoir suspendu toutes les publications ayant obéi aux Allemands et à
Vichy, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)
impose aux journaux, dès le 26 août 1944, la publication du nom de
leurs actionnaires. De surcroît, il interdit à tout individu de
posséder plus d'un quotidien d'information générale et politique tirant
à plus de 10 000 exemplaires. Un directeur de publication n'a désormais
plus le droit d'exercer conjointement une fonction industrielle ou
commerciale « qui constitue la source principale de ses ressources et bénéfices (2) ».
Il ne s'agit donc pas de punir telle ou telle brebis galeuse ou tondue, mais de faire « table rase » pour créer « Une presse neuve pour une France libre »,
comme l'annonce l'éditorial du premier numéro du Parisien libéré. À
partir du 30 septembre 1944, les biens des journaux de l'Occupation
sont réquisitionnés ; l'autorisation de paraître est accordée par le
ministre de l'Information en concertation avec les représentants de la
presse.
Issus pour beaucoup de la France combattante, les nouveaux dirigeants des médias n'ambitionnent pas d'« aider Coca-Cola à vendre son produit ». Ils n'estiment pas, à l'instar du pauvre directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, Laurent Joffrin, qu'« on n'y peut pas grand-chose sur le plan des structures économiques. [...] Il est logique que le propriétaire fixe une orientation (3) ».
Le 9 octobre 1945, la Fédération nationale de la presse française,
organisation patronale, adopte au contraire une « charte de la presse »
destinée à empêcher le retour « des trusts et des puissances d'argent » qui dominaient jusqu'alors la « presse pourrie ». Ce texte définit la presse comme un « service public ». Il s'accompagne d'un « Projet de déclaration des droits et devoirs de la presse libre » dont les premiers articles proclament : « La
presse n'est pas un instrument de profit commercial, mais un instrument
de culture ; sa mission est de donner des informations exactes, de
défendre des idées, de servir la cause du progrès humain [art. 1er] [...] La
presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance
gouvernementale, ni des puissances d'argent, mais de la seule
conscience des journalistes et des lecteurs [art. 3] (4). »
Pas de nouveau statut, pas de « révolution »...
Si un large consensus existe autour de la nécessité de soustraire la
presse à l'influence de l'argent, encore faut-il élaborer une loi
empêchant la reconstitution du Parti de la presse et de l'argent (PPA).
Les anciens propriétaires des publications interdites par les
ordonnances de 1944 ont beau crier à la « spoliation »,
rien n'y fait : le 11 mars 1946, une loi exproprie la quasi-totalité
des journaux parus sous l'Occupation, sans aucune compensation pour les
dirigeants coupables de collaboration. Les biens de ces entreprises
sont transférés à la Société nationale des entreprises de presse
(Snep), administrée par des représentants de l'État et de la profession
et chargée de les attribuer à des journaux autorisés. Le 13 mars, le
secrétaire d'État à la présidence du Conseil chargé de l'information
parle de « révolution » devant l'Assemblée nationale constituante.
Toutes les conditions semblent alors réunies pour que l'information
devienne autre chose qu'une marchandise banale. Lorsque l'autorisation
de paraître est supprimée, le 28 février 1947, une disposition protège
les fondateurs des journaux autorisés contre l'éviction forcée de leur
propre entreprise. Cela afin d'éviter que « la liberté [...] ne permette en fait aux financiers de s'emparer des journaux », comme l'explique le rapporteur de la loi.
Toutefois, l'attribution définitive des biens transférés à la Snep
(dépourvue de support financier) reste subordonnée au vote d'un nouveau
statut de l'entreprise de presse. Or les nombreux projets déposés
n'aboutissent pas. La mobilisation populaire s'étiole. Simultanément,
les dirigeants et les anciens propriétaires expropriés s'emploient à
favoriser un retour au système commercial ordinaire. Tandis que le
bruit sourd des patrons qui plastronnent sur la plaine redevient
audible, les ouvriers du Livre mènent une grève de près d'un mois. En
mars 1947, seules 115 entreprises sur 809 ayant fonctionné sous
l'Occupation ont fait l'objet d'un transfert.
Des expériences novatrices voient le jour : au Monde
d'Hubert Beuve-Méry, une partie du capital est attribuée à une société
spéciale créée par l'ensemble des rédacteurs. Des projets originaux
sont mis en chantier : en 1946, la Fédération de la presse propose
d'instituer la « société anonyme de presse à participation morale »,
dont la majorité des actions ne seraient pas productives d'intérêts.
Mais la « révolution » de la presse a échoué. Après de longs débats à
la commission de la presse de l'Assemblée Nationale, une nouvelle loi
est votée le 2 août 1954 : les transferts à la Snep sont arrêtés et les
entreprises peuvent acquérir les biens qu'elle gérait jusqu'ici. Il
n'est plus question d'un quelconque statut spécifique de l'entreprise
de presse. Le Plan B, déterminé à détruire le PPA, entend
remédier à ce problème en incitant ses lecteurs à reprendre le mot
d'ordre des Résistants : expropriation des entreprises de presse !
Notes : (1) Cité dans Laurent Martin, La Presse écrite en France au xxe siècle, Paris, Le Livre de poche, 2005.
(2) Cité dans Claude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral, Fernand Terrou, Histoire générale de la presse française, tome iv, « De 1940 à 1958 », PUF, 1975. Sauf mention contraire, les citations suivantes sont tirées de cet ouvrage.
(3) Laurent Joffrin, « Le premier pouvoir », France Culture, 2.10.04.
(4) Publié le 2 novembre 1945. Les auteurs de ce texte étaient Albert
Bayet et Claude Bellanger, deux représentants de la presse clandestine.
Le Plan B n°3 (juillet - septembre 2006)
Nous avons eu, à de multiples reprises, le sentiment,
pendant la campagne présidentielle, que les médias favorisaient plus ou
moins nettement, Nicolas Sarkozy. Avant que la mémoire ne s’efface et
que la polémique ne se dissipe, il est utile de dresser une liste
précise des faits constatés et de s’interroger sur les conditions dans
lesquelles se déroulera la prochaine campagne... Pour exemples :
La diffusion de reportages partiaux tels que celui diffusé par TF1 sur « La
France des assistés » trois jours avant la fin de la campagne officielle et la
veille du débat d’entre-deux tours
La reprise des images de l’équipe de Nicolas Sarkozy pour l’ensemble de ses
déplacements et meetings
La diffusion d’images non révélatrices des déplacements et meetings de
Ségolène Royal (toujours au pupitre, rarement dans la foule, seule, etc.)
La reprise systématique de la moindre voix discordante au sein du PS
La couverture exceptionnelle accordée à Eric Besson en comparaison de
celle accordée à Azouz Begag
La non-diffusion de communiqués de presse d’élus socialistes, etc.
La diffusion de dépêches AFP, AP et Reuters partiales
L’absence de contradiction des journalistes face aux élus UMP et à Nicolas
Sarkozy
La volonté évidente de « coincer » Ségolène Royal ou d’autres élus socialistes
sur des éléments secondaires
La concentration des journalistes sur les divisions internes au Parti Socialiste et
sur les thématiques souhaitées par Nicolas Sarkozy
La dérision sur toute nouvelle mesure de Ségolène Royal
Le
100 minutes pour convaincre offert par Arlette Chabot la veille du
début du décompte officiel du CSA, qui a permis au candidat ministre de
l’intérieur de passer deux fois sur cette émission pendant que son
adversaire n’y passait qu’une fois. Les faits marquants de la concentration des médias et des liens avec Nicolas Sarkozy sont les suivants : France Télévisions (l’Etat français : France 2, France 3, France 4, France 5, RFO,
France 24, France ô) est présidé par Patrick de Carolis (soutien de Nicolas
Sarkozy), et contrôle une diffusion réalisant plus de 40% de l’audience
française
TV5 est présidé par François Bonnemain, un proche de Jacques Chirac et un
soutien de Nicolas Sarkozy
Radio France (France Info, France Inter, France Culture, France Bleu, France
Vivace, Le Mouv’), est présidé par Jean-Paul Cluzel, longtemps collaborateur
de Jacques Chirac, soutien de Nicolas Sarkozy
Bouygues détient TF1, LCI, TV Breizh et a des participations importantes dans
Metro, TMC, RTL 9, NT1, etc. (Martin Bouygues est le parrain du fils de Nicolas
Sarkozy) : plus de 40% de l’audience.
N.B. : Laurent Solly, directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy a été
engagé sur TF1. C’est une nomination demandée directement par l’Elysée.
M6 est présidé par Nicolas de Tavernost, c’est un soutien de Nicolas Sarkozy.
Via une holding, Vincent Bolloré -ami de ce dernier- est un des principaux
actionnaires de la chaîne
Lagardère (Arnaud Lagardère considère Nicolas Sarkozy « comme son frère »)
et Editis (propriété de Wendel : présidé par Ernest-Antoine Seillière) réalisent
plus des 2/3 de la production littéraire française
Lagardère est le premier éditeur mondial de magazines, détient de très
nombreux journaux, magazines et radios, tels que Paris Match, Le Journal du
Dimanche, Elle, Télé 7 Jours, Europe 1, BFM, MCM, Europe 2 TV, a des
participations dans Le Monde et dans Le Parisien, est opérateur des NMPP
Dassault détient de nombreux quotidiens et magazines, comme Le Figaro et
Valeurs Actuelles (Le fils Olivier Dassault est député UMP, Serge Dassault est
sénateur UMP et un très proche de Nicolas Sarkozy)
Bolloré détient les « gratuits » Directs Soir et Matin Plus, la chaîne Direct 8, est
indirectement un des principaux actionnaires de M6, possède le groupe
publicitaire Havas, possède 44% de l’Institut de sondages CSA (ce qui par
ailleurs remet en cause la crédibilité du sondage CSA déclarant que les
Français n’étaient « pas choqués » du séjour de Nicolas Sarkozy sur le yacht
d’ « un ami industriel »)
Bernard Arnault (témoin du mariage de Nicolas Sarkozy) possède notamment
le journal La Tribune et Radio Classique
Analyse succincte du résultat de l’élection présidentielle de 2007 – Juin 2007
Nicolas Cadène – Collaborateur parlementaire de Jean-Louis Bianco
13
Alain Minc (soutien affiché de Nicolas Sarkozy) préside le Conseil de
surveillance du groupe Le Monde (avec notamment Télérama, Midi Libre)
–conseil où siège désormais Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’Etat- et
conseille de nombreux patrons de médias (Edouard de Rothschild –Libérationnotamment)
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) est présidé par Michel Boyon,
ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin
60% de la diffusion de la presse magazine sont réalisés par Lagardère,
Mondadori France (Silvio Berlusconi) et Dassault
Agences de presse : il n’y a que 3 agences mondiales : AP (presse US), Reuters
(en France, lié à l’Etat français) et AFP (présidé par Pierre Louette, ancien du
cabinet d’Edouard Balladur et soutien de Nicolas Sarkozy)
Tous ces groupes ont des intérêts croisés : administrateurs et/ou actionnaires
communs. Un grand nombre de leurs dirigeants proviennent de cabinets ministériels,
et réciproquement. Chaque parlementaire mentionné a voté la loi DADVSI. Le Parti Socialiste n’a pas modifié la législation sur la concentration de
certains groupes, lorsqu’il était aux responsabilités. Désormais, il est essentiel
de s’attaquer de façon constructive à cet état. Surtout, cela doit être diffusé
massivement en parallèle d’une proposition de loi contre la concentration
des médias, pour l’indépendance journalistique et pour le respect de sa
déontologie.
source : http://www.betapolitique.fr/La-concentration-des-medias-et-01249.html
Pourquoi à votre avis on a donné SR à la baisse 7 jours durant avant même qu'on interdise les sondages à la télé ? Pourquoi on donne que 50% des électeurs de gauche qui voteront pour Ségolène Royal ? et 50 autres % pour le reste de la gauche ? (reçu par email de l'express alors que je me suis jamais inscrit sur leur site)... Pourquoi on donne Bayrou 3e ? Pourquoi on donne Bayrou vainqueur face à Sarko, et pas face à Ségo ? La patronne de l'IFOP n'est que Laurence Parisot, patronne du MEDEF, proche de Sarko.(voir societe.com) Tous les autres instituts de sondages ont publiés leurs sondages pour les grands médias principaux (les fameux 89 sondages d'affilés qui donnent sarko vainqueur)....mais bayrou vainqueur face à sarko. De quoi décrédibiliser S.R face à Bayrou, et donc de diviser la gauche, donc de rendre impossible son accession au deuxième tour. Mais moi ce que je voit, ce sont des milliers de personnes qui ont compris ce petit jeu. Bayrou est sortant autant que sarkozy. Il est responsable du bilan de la droite (un peu moins mais responsable quand même vu qu'il a voté pour quasiment toutes les lois.... de la droite), et le peuple que je rencontre n'est pas dûpe. Yen a qui doutent, mais c'est le moment de leur faire voir cette vérité. D'autant que l'entière direction de TF1 va démissionner .... pourquoi ?? Allez écouter la chronique d'Olivier Duhamel de ce matin (11/04) : (meêm si ce qu'il dit, ce n'est que la façade visible que les journalistes commencent à remarquer...)
Sur la discrimination médiatique à l'encontre de SR. Il serait intéressant de la faire circuler mais je ne sais point comment faire. A bon entendeur... Si vous avez iTunes : itpc://radiofrance-podcast.net/podcast/rss_18811.xmlLe mp3 : http://www.radiofrance-podcast.net/podcast/18811-11.04.2007-ITEMA_20065943-0.mp3
 Présentation de l’éditeur Au printemps 2002, les socialistes convaincus que la campagne de Lionel Jospin menait à la catastrophe s’étaient tu pour ne pas affaiblir davantage leur candidat. J.G. était de ceux là, dont le silence a seulement étouffé une chance d’éviter la catastrophe. Il a désormais résolu de ne plus se taire. Il s’engage résolument contre toute tentative de quelque candidat(e) que ce soit, socialiste ou UMP, de brouiller dans un discours racoleur le clivage qui oppose plus que jamais la droite néolibérale et la gauche socialiste. Une campagne socialiste qui, comme en 2002, au prétexte de gagner des voix sur la droite, viserait un rassemblement au centre en affichant des convergences avec la droite (sur la sécurité, l’éducation, l’Europe, etc.), conduirait à nouveau la gauche à la défaite. Or l’enjeu de l’élection qui vient est bien plus grave que par le passé. Car la droite a radicalement changé de nature et avec elle l’enjeu véritable du débat et des élections. Jusqu’aux années 1990, l’enjeu d’une alternance était une orientation plus ou moins libérale des politiques économiques et sociales, dans le cadre d’un modèle social et républicain largement commun et d’une conception convergente de l’Union Européenne. Le quinquennat qui vient de s’écouler révèle que la nouvelle droite française est engagée, comme partout dans le monde développé, dans un projet de transformation radicale du modèle de société qui s’était imposé depuis l’Après-guerre. Mais beaucoup d’acteurs et de commentateurs du débat public conçoivent encore l’enjeu des élections avec la grille de lecture ancienne et totalement obsolète. Ainsi, on oppose une droite plus soucieuse de réalisme économique et de la performance des entreprises à une gauche plus préoccupée par la redistribution et les droits sociaux ; une droite survalorisant la sécurité et privilégiant la répression de la violence, à une gauche plus attachée à la prévention et à l’éducation ; une droite fidèle à la Ve République et une gauche aspirant à une démocratie plus parlementaire et participative, une droite visant une Europe plus libérale face à une gauche en quête d’Europe sociale. L’alternative en jeu dans l’élection opposerait donc deux conceptions différentes de l’efficacité économique, de la sécurité publique, de l’Europe et de la démocratie, deux chemins différents en quête de finalités au fonds similaires. Contresens fatal explique J.G. qui démontre qu’en réalité le projet idéologique et la pratique politique de la nouvelle droite néo-conservatrice détruisent les perspectives de progrès économique, maximisent l’insécurité, menacent la paix civile, détruisent le projet européen et bafouent la démocratie. La droite néo-conservatrice ne vise plus une démocratie de marché efficace qui surmonte les tensions sociales par la prospérité générale. Elle vise une dissociété des individus livrés à la guerre économique, privés de tout pouvoir pour orienter collectivement leur destin, disciplinés par la peur ou la pression morale de leur « communauté », au prix, le cas échéant d’une restriction croissante des libertés publiques. Il n’est pas anodin que Nicolas Sarkozy ne cache pas son admiration pour l’administration Bush qui est la plus avancée dans l’accomplissement du modèle néo-conservateur. Ce projet est en réalité contraire aux intérêts du plus grand nombre, y compris de celui de l’immense majorité des électeurs de droite. La nouvelle droite est aussi dangereuse pour une raison plus insidieuse et plus redoutable : elle a en partie gagnée la bataille culturelle, la bataille des idées et des valeurs, au point que nombre d’élites à gauche adhèrent désormais au culte de la responsabilité de soi et de la performance individuelle, approuvent la chasse aux « déviants » ou aux parasites qui vivent des indemnités de chômage, expliquent la nécessité d’adapter notre système social et fiscal aux exigences imposées par la guerre économique mondiale, etc. Il s’ensuit un brouillage complet du clivage gauche - droite qui transforme l’élection présidentielle en compétition des personnalités et non plus des projets politiques et qui, partout en Europe nourrit l’abstention ou le vote protestataire aux extrêmes. Là se trouve une source essentielle de la défection des classes populaires qui a conduit bien des socialistes et des sociaux-démocrates à la défaite électorale. Le drame pour la gauche européenne est que la réaction de ces derniers a jusqu’ici consisté à prendre acte de la défection de l’électorat populaire et à renforcer leur dérive centriste pour prendre des voix à la droite. L’intention de J.G. est clairement ici de faire pression sur le ou la candidat(e) socialiste pour renoncer à cette stratégie suicidaire qui a déjà conduit à l’effondrement du candidat socialiste le 21 avril 2002. Pour J.G. la gauche doit en effet conquérir une partie de l’électorat de la droite. Mais elle n’y parviendra pas en « droitisant » son discours, en brouillant son opposition au projet de la droite, et en renonçant à reconquérir d’abord la confiance des petits, des sans-grade, des estropiés de la compétition sauvage... Elle peut le faire en expliquant combien le projet de la nouvelle droite est dangereux pour la paix civile, pour la sécurité des personnes, pour la prospérité de notre économie, pour la démocratie et pour la préservation de l’Union européenne.
Biographie de l’auteur J.G. est désormais l’un des économistes de gauche les plus en vue, connu pour sa pédagogie, ses émissions de radio, ses chroniques et ses nombreux best-sellers de l’initiation à l’économie. Il est aussi l’auteur de nombreux essais politiques, notamment du best-seller des partisans du «non » à la constitution européenne (Manuel critique du parfait Européen - 16000 ex.) et cette automne de La Dissociété. Membre du Conseil national du parti socialiste, membre de la direction du courant NPS (Emmanuelli - Peillon), il a fait campagne pour l’investiture de Laurent Fabius pour l’élection présidentielle. Amazon.fr http://www.amazon.fr/Pourquoi-droite-dangereuse-Jacques-G%C3%A9n%C3%A9reux/dp/2020929929 _______________________________
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